Après 50 ans, l'entraînement : fardeau ou nécessité ? La mauvaise question. Il y a des matins où tu te lèves et ton corps te rappelle, sans ménagement, que les années ne sont pas abstraites. Le dos parle avant toi. Les genoux commentent chaque escalier. Les mains qui ont frappé des milliers de fois portent dans leurs articulations le registre complet de ce qu'elles ont traversé. Et dans ces matins-là, une question surgit, sournoise, presque raisonnable, qui ressemble à ceci : est-ce que ça vaut encore la peine ? C'est une question piège. Pas parce qu'elle est idiote, mais parce qu'elle contient déjà une erreur fondamentale dans sa formulation. Elle suppose que l'entraînement est une chose extérieure à soi, quelque chose qu'on évalue comme on évalue un abonnement ou un contrat, quelque chose dont on peut décider de se séparer si le rapport coût-bénéfice devient défavorable. Elle suppose que tu étais là avant l'entraînement, et que tu seras encore là a...