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Réhabilitation de l'ego. Ce que personne n'ose dire. Il y a un mot qui a mauvaise réputation. Un mot qu'on prononce avec une légère grimace, comme si le simple fait de le nommer impliquait une faiblesse morale ou une insuffisance spirituelle. Ce mot, c'est ego. Et la façon dont notre époque le traite révèle, à mon sens, une confusion philosophique profonde qui mérite d'être démêlée avec la rigueur et l'honnêteté qu'elle exige. L'ego est devenu l'ennemi public numéro un de la culture contemporaine du développement personnel. Partout, dans les livres de sagesse, les retraites de méditation, les discours de coachs en tout genre, on vous demande de dépasser votre ego, de le tuer, de le dissoudre dans une forme d'humilité universelle qui ressemble souvent, regardons les choses en face, à une invitation à ne plus vouloir grand-chose. À ne plus vous battre pour rien. À accepter avec sérénité une médiocrité habillée en détachement. Je refuse cette vis...
Articles récents
  La souplesse. Ce que personne ne vous dit vraiment dessus. Il y a une discipline que les pratiquants de force sous-estiment systématiquement au début de leur parcours, que les pratiquants martiaux négligent souvent au profit de la technique pure, et que tout le monde finit par regretter d'avoir mal traité quand les années commencent à se faire sentir dans les hanches et dans les épaules au réveil. Cette discipline, c'est le stretching. Et si je vous dis que c'est peut-être la plus philosophique de toutes les pratiques physiques, vous allez comprendre pourquoi en lisant la suite. La souplesse n'est pas un talent. C'est un acquis. Une construction lente, patiente, régulière, qui obéit aux mêmes lois que n'importe quelle autre forme de développement physique : la progression se fait dans la durée, la régularité vaut plus que l'intensité ponctuelle, et les résultats les plus profonds ne se voient jamais dans l'immédiat mais dans ce que le corps peut fair...
  Dolph Lundgren. L'homme derrière la légende. Et ce que cette rencontre m'a appris. Il y a des rencontres qu'on espère sans vraiment y croire. Des rencontres avec des gens qu'on a regardés, admirés, étudiés depuis si longtemps qu'ils ont fini par appartenir à une catégorie particulière dans votre esprit, quelque chose entre le mythe et la référence, quelque chose qu'on ne s'attend pas vraiment à voir se matérialiser dans la réalité concrète d'un lieu, d'un moment, d'une main tendue. Et puis un jour, la vie décide que ça va arriver. Et tout ce qu'on avait imaginé de ce moment se confronte à ce qu'il est vraiment. Ma rencontre avec Dolph Lundgren en 2019, en Allemagne, est de celles-là. Je veux en parler aujourd'hui sur ce blog parce qu'elle mérite mieux qu'un simple récit anecdotique. Elle mérite qu'on s'y arrête pour comprendre pourquoi cet homme représente quelque chose d'important, non seulement pour les cinép...
  Quarante ans, quatre photographies, une seule volonté. Il y a des photographies qui attendent leur heure. Celles dont je vous parle aujourd'hui ont attendu la leur pendant près d'un an, rangées dans un tiroir, oubliées de tous sauf de moi. Elles devaient illustrer un article de magazine, un projet mené avec sérieux, avec de vraies séances, une lumière étudiée, des poses pensées. Et puis le magazine n'a jamais paru. Comme il en existe tant dans le monde de l'édition, le projet s'est éteint avant même de voir le jour. Les photographies, elles, sont restées là, silencieuses, en sommeil, prisonnières d'un tiroir qui ne demandait qu'à s'ouvrir. Je les ressors aujourd'hui, non pas parce que l'occasion s'y prêtait par hasard, mais parce que ce mois de septembre referme un cycle que j'ai mis quarante années à parcourir. Quarante ans de karaté. Quarante ans de tatami, de sueur, de matins où il aurait été si simple de rester couché, de soirs où...
Je suis un rebelle. Et le monde moderne m'en donne chaque jour de nouvelles raisons. Il y a des prises de position qu'on évite parce qu'elles dérangent. Parce qu'elles vont à contre-courant d'une époque qui a décidé que tout se valait, que le jugement était une forme d'intolérance et que l'exigence envers les autres était une forme de violence. Je refuse cette capitulation intellectuelle. Je l'ai toujours refusée et je la refuserai encore plus fermement à mesure que le monde autour de moi semble s'y précipiter avec un enthousiasme que je ne parviens pas à partager. Je suis un rebelle. Pas au sens adolescent du terme, celui qui se révolte contre tout sans proposer rien. Un rebelle conscient, construit, qui a des raisons précises pour chaque refus qu'il oppose au monde tel qu'il est devenu. Ce texte est un inventaire de ces raisons. Un manifeste de ce qui me sépare du monde contemporain et de pourquoi cette séparation ne me désole pas. Elle m...