Accéder au contenu principal

Articles

  Vivre ses rêves plutôt que rêver sa vie. Ce n'est pas un slogan. C'est un choix. Je vais commencer par la question que j'aurais dû me poser plus tôt, et que je me pose maintenant avec l'honnêteté que l'âge finit toujours par imposer à ceux qui ont encore la lucidité de l'écouter. Pourquoi je fais tout ça ? Les médias, les projets qui s'enchaînent, les livres, le blog, les guides digitaux lancés sur un marché que je ne connaissais pas, les réseaux sociaux pris à bras le corps alors que ma génération aurait eu toutes les raisons de les laisser aux autres. Pourquoi ce mouvement permanent, cette incapacité constitutionnelle à rester quiete, cette envie chronique de démarrer quelque chose de nouveau quand le projet précédent n'est pas encore terminé ? Ego ? Besoin de reconnaissance ? Peur du silence ? Je pourrais dire non d'emblée et passer à autre chose. Ce serait plus confortable. Ce serait aussi probablement inexact. Parce que l'ego existe, je...
Articles récents
  Fontainebleau. Ce que la forêt m'a appris avant que je sache que j'apprenais. Il y a des endroits qui vous forment sans vous demander votre permission. Des endroits dont la nature même est si dense, si présente, si exigeante qu'elle s'imprime dans vous à une profondeur que vous ne mesurez pas sur le moment. Vous n'y pensez pas parce que vous avez dix-sept ans, que vous êtes en treillis depuis l'aube, que le froid de l'automne pique les mains à travers les gants, et que la seule chose qui compte c'est de rester vigilant, de surveiller, d'intervenir si ça dégénère. Vous n'avez pas le loisir d'être poétique. La forêt s'en fiche. Elle travaille quand même. Elle dépose en vous ce qu'elle a à déposer, et vous le retrouvez des décennies plus tard, intact, dans des endroits de vous-même que vous n'aviez pas identifiés. La forêt de Fontainebleau est l'un de ces endroits-là pour moi. Et quand j'ai appris l'incendie qui l...
Lire les grands. Penser par soi-même. Vivre autrement. Il y a un moment dans la vie de certains hommes où quelque chose bascule. Pas un événement spectaculaire, pas une révélation soudaine digne d'un film. Quelque chose de plus discret et de plus profond que ça. C'est le moment où on réalise que les réponses qu'on cherchait depuis toujours dans les circonstances extérieures se trouvaient ailleurs. Dans des textes. Dans des pensées formulées il y a des siècles par des hommes qui n'avaient ni nos technologies ni nos confort mais qui avaient compris quelque chose sur la nature humaine que nous avons collectivement décidé d'oublier pour aller plus vite, pour consommer plus facilement, pour éviter le seul effort que personne ne peut faire à notre place : celui de penser. J'ai lu tard. Pas dans le sens scolaire du terme, mais dans le sens qui compte vraiment. J'ai lu pour comprendre, pas pour savoir. Et cette différence entre savoir et comprendre est peut-être l...
La colère et la bagarre. Ce que personne n'ose vraiment dire. Il y a des sujets qu'on aborde à voix basse, avec des précautions rhétoriques qui finissent par noyer ce qu'on voulait dire. La colère en est un. La bagarre en est un autre. Ces deux réalités humaines fondamentales sont traitées dans les discours publics avec une prudence qui tient davantage de la peur que de la sagesse. On condamne la colère en bloc comme si elle était toujours un défaut. On diabolise la bagarre comme si elle n'était jamais autre chose qu'une régression. Et on produit ainsi des générations de gens qui ne comprennent ni l'une ni l'autre et qui se retrouvent, quand elles surgissent dans leur vie comme elles surgissent inévitablement dans toute vie humaine, absolument démunis face à elles. Je vais parler de ces deux choses sans précautions inutiles. Avec l'honnêteté de quelqu'un qui a passé quarante ans dans des arts martiaux dont la raison d'être originelle était de p...
Motivation. Détermination. Volonté. Rigueur. Quatre mots. Un seul chemin. On utilise ces quatre mots comme s'ils voulaient dire la même chose. Comme si on pouvait les interchanger librement selon l'humeur ou le contexte, comme si leur différence était une nuance de vocabulaire sans conséquence réelle. C'est une erreur. Une erreur qui explique pourquoi tant de gens commencent des choses magnifiques et ne les finissent jamais. Pourquoi tant de résolutions tiennent trois semaines. Pourquoi tant de pratiques prometteuses s'éteignent discrètement sans que personne n'ose nommer ce qui s'est passé. Ces quatre mots ne sont pas synonymes. Ils décrivent quatre états radicalement différents, quatre étapes d'une progression intérieure qui va du plus fragile au plus solide, du plus dépendant des circonstances au plus indépendant d'elles. Les comprendre vraiment, les distinguer avec précision, c'est comprendre quelque chose d'essentiel sur la nature de l...
Le couteau dans la rue. La seule vérité que personne ne veut entendre. Je vais dire quelque chose que beaucoup de gens dans le milieu des arts martiaux n'ont pas le courage de dire. Quelque chose qui va à l'encontre de dizaines de vidéos YouTube, de stages payants et de "professeurs" qui gagnent leur vie en vendant une illusion dangereuse à des gens qui croient sincèrement apprendre à survivre. Je vais le dire clairement, sans ménagement, parce que c'est une question de vie ou de mort et que la politesse n'a pas sa place ici. Face à un couteau dans la rue, la seule technique qui fonctionne vraiment, c'est courir. C'est tout. C'est la réponse complète. Tout le reste est du cinéma. L'industrie du mensonge bien emballé Il existe aujourd'hui une industrie florissante construite autour de la peur des gens et de leur désir légitime de se sentir capables de se défendre. Des instructeurs en tout genre proposent des stages, des formations, des ...