Réhabilitation de l'ego. Ce que personne n'ose dire. Il y a un mot qui a mauvaise réputation. Un mot qu'on prononce avec une légère grimace, comme si le simple fait de le nommer impliquait une faiblesse morale ou une insuffisance spirituelle. Ce mot, c'est ego. Et la façon dont notre époque le traite révèle, à mon sens, une confusion philosophique profonde qui mérite d'être démêlée avec la rigueur et l'honnêteté qu'elle exige. L'ego est devenu l'ennemi public numéro un de la culture contemporaine du développement personnel. Partout, dans les livres de sagesse, les retraites de méditation, les discours de coachs en tout genre, on vous demande de dépasser votre ego, de le tuer, de le dissoudre dans une forme d'humilité universelle qui ressemble souvent, regardons les choses en face, à une invitation à ne plus vouloir grand-chose. À ne plus vous battre pour rien. À accepter avec sérénité une médiocrité habillée en détachement. Je refuse cette vis...
La souplesse. Ce que personne ne vous dit vraiment dessus. Il y a une discipline que les pratiquants de force sous-estiment systématiquement au début de leur parcours, que les pratiquants martiaux négligent souvent au profit de la technique pure, et que tout le monde finit par regretter d'avoir mal traité quand les années commencent à se faire sentir dans les hanches et dans les épaules au réveil. Cette discipline, c'est le stretching. Et si je vous dis que c'est peut-être la plus philosophique de toutes les pratiques physiques, vous allez comprendre pourquoi en lisant la suite. La souplesse n'est pas un talent. C'est un acquis. Une construction lente, patiente, régulière, qui obéit aux mêmes lois que n'importe quelle autre forme de développement physique : la progression se fait dans la durée, la régularité vaut plus que l'intensité ponctuelle, et les résultats les plus profonds ne se voient jamais dans l'immédiat mais dans ce que le corps peut fair...