Le karaté a trahi sa propre âme. Il est temps de la lui rendre. Il y a une question que je me pose depuis des années, une question qui s'est imposée à moi avec une acuité croissante au fil des décennies, et que je n'ai jamais cessé de retourner dans tous les sens parce qu'elle touche à quelque chose que j'aime profondément et que je vois se dénaturer sous mes yeux depuis trop longtemps. La question est celle-ci : comment une discipline qui porte en elle l'une des philosophies de vie les plus riches et les plus exigeantes que l'humanité ait jamais produites a-t-elle pu se laisser réduire à un sport de compétition comme un autre ? Comment le karaté, cette voie née dans les dojos d'Okinawa et affinée pendant des siècles dans la tradition japonaise du Budō, a-t-il pu finir sur les tatamis olympiques à courir après des points avec des protections sur les mains et des arbitres qui lèvent des drapeaux ? Comment est-on passé du dojo comme espace de transformatio...