On ne peut pas faire justice soi-même. Jamais. Et voici pourquoi. L'actualité nous place parfois devant des situations qui réveillent en nous quelque chose de primitif et de compréhensible. La colère face à l'injustice. L'indignation devant ce que les institutions semblent incapables de réparer. L'envie viscérale que quelqu'un paie, que les comptes soient soldés, que la balance penche enfin du bon côté après avoir trop longtemps été truquée. Ces sentiments sont humains. Ils sont même, dans leur origine, le signe d'une conscience morale qui fonctionne et qui refuse de s'accommoder de ce qui ne devrait pas être. Mais entre ressentir ces sentiments et passer à l'acte en se substituant à la justice, il y a une ligne. Une ligne que je refuse de franchir et que je refuse de voir franchir sans le dire clairement. Pas par naïveté. Pas par respect aveugle pour des institutions qui méritent souvent la critique la plus sévère. Par conviction profonde, philosophiq...