Ne jamais lâcher ce qu'on aime. Jamais. Il y a une question que personne ne pose franchement parce qu'elle est trop inconfortable pour être posée dans les dîners ou les conversations de surface. La voici : qu'est-ce qui restera de toi quand la fougue sera passée, quand l'enthousiasme des autres se sera détourné vers quelque chose de plus neuf, quand les années auront commencé leur travail silencieux sur ton corps et sur ton énergie ? Qu'est-ce qui restera quand les appuis extérieurs auront disparu un à un, comme ils disparaissent toujours ? La réponse, si on a vécu de la bonne façon, est simple. Il restera ce qu'on a construit. Ce qu'on a choisi, séance après séance, jour après jour, sans attendre la permission de personne ni la validation d'un regard extérieur. Il restera la pratique. Et la pratique, quand elle a été nourrie avec constance et avec amour pendant des décennies, devient quelque chose qu'aucune circonstance extérieure ne peut confisqu...